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On vide
l'étang |
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To
en bottant son Opinel dans sa poutche, D’jeusa dit à son père :
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Tout
en mettant son Opinel dans sa poche, Joseph dit à son père : Zéphirin
est resté un moment silencieux, s'est levé et dit : « ouais…je
demanderai à Abel, Pierre, Popol et Charles de venir nous aider samedi
prochain. Marie, tu pourrais nos faire du sanglier, celui qu'on a tué à la
dernière battue… » Vers
la fin de l'après-midi Joseph a coupé une longue et souple baguette de
noisetier. Avec l'extrémité de sa baguette il confectionne une boucle. A la
digue de l'étang, armé de son étrange outil *, Joseph recherche la quille
(appelée aussi le touillon). La quille, c'est un peu le bouchon de
l'étang, à 4 mètres de fond environ. Il s'agit alors de la trouver, puis de
l'agripper pour laisser l'eau s'écouler dans un petit canal. Joseph connaît
bien l'étang, il ne lui faut que peu de temps pour retrouver la quille et la
retirer. Il ne la retire qu'en partie, il va laisser l'eau s'écouler doucement
pendant la semaine ; la pêche n'aura vraiment lieu que samedi prochain. |
* on peut aussi
utiliser une chaîne avec un nœud
coulant, ou encore un crochet avec un long manche.
Le dessus du touillon (la tête)
comporte un creux : on peut y appuyer le bout d'une perche pour guider la
chaîne.

L’étang des Prégueney à Servance (à gauche, la digue)
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Lè
sanm’di suivant, l’Phirin et ses boubs, Abel, Piir, Popol, T’châlo et ses
èfants sont su l’bô de l’étang à eute houres. So la fin di mois d’septembre
et l’soreu ô quoi là. Des
tantches, des treutes, des breutchats, des cârpes, des rousses… |
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Le
samedi suivant, Zéphirin et ses fils, Abel, Pierre, Popol, Charles et ses
enfants sont aux abords de l’étang à 8 heures. C’est la fin du mois de
Septembre et le soleil est encore là. Tanches,
truites, brochets, carpes, perches… Popol
n’en n’a jamais vu autant : « Mon ami ! Avec tout ça, tu vas
pouvoir nourrir tout Servance ! » Il se met à rire en se tapant sur
la cuisse… |

L’étang de Goutte-Géhant à
Servance
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Après
avoua mindgie, des canons et ein petète gotte, to le monde se r’botte au
travail. Ê fô trii le pouéchon. |
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Après
le repas, quelques canons et quelques gouttes, tout le monde se remet au
travail. Il faut maintenant trier le poisson. |


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Lé
lend’main, T’châlo et son boub v’nant po aida L’phirin po reboutchie l’étang.
Ê faut rebotta le touillon dov des mottes de gazon, de la tarre bie grasse,
et pu ê faut bie pôta…Din-na, l’ôve pu rempji l’étang. Bie chure ê faut
rebotta les al’vins et les pouéchons po frayi… |
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Le
lendemain, Charles et son fils viennent aider Zéphirin à reboucher l’étang.
Il faut replacer le touillon avec des mottes de gazon et de la terre grasse,
et bien tasser le tout…Ainsi,
lentement, l’eau pourra à nouveau remplir l’étang. On n’oublie pas d’y mettre
les alevins et les autres poissons qu’on a gardé pour la fraye… Quand
ils ont terminé leur travail, Zéphirin et Charles se dirigent vers la maison.
Le fils de Charles les rejoint en courant
et annonce fièrement : « Vous avez oublié 2 poissons…2 petits
avec une tête allongée…je les ai remis dans l’étang… |
